LES PREMIERS TRAVAUX PUBLICS de Champollion datent de 1810. De retour à Grenoble où il vient d'être nommé professeur d'histoire, il livre à l'Académie de cette ville, ses premières conclusions sur la nature des écritures des anciens Égyptiens: la première communication réaffirme l'origine commune des trois principaux types d'écriture utilisés par les Égyptiens, hiéroglyphique, hiératique et démotique, la seconde traite du sens des signes hiéroglyphiques. Ces derniers, empruntés à l'univers réel ont longtemps fait croire qu'il ne pouvait s'agir que de symboles ou d'idéogrammes. Champollion défend également l'idée selon laquelle ils doivent aussi transcrire des sons, puisqu'ils servent à écrire des noms de personnes.
Champollion ne fut pas le premier à défendre cette thèse: en 1761, l'abbé Barthélémy avait émis l'hypothèse selon laquelle les cartouches enfermeraient des noms royaux. Dans la même veine, le diplomate suédois Åkerblad avait à partir de la pierre de Rosette réussi à identifier tous les noms propres.
Les recherches de Jean-François sont brutalement ralenties par la chute de l'Empire. Bonapartistes, les frères Champollion doivent s'exiler à Figeac, loin des précieuses bibliothèques. Et cela tombe très mal, car en Angleterre, un jeune médecin-physicien, Thomas Young s'est engagé dans la course aux hiéroglyphes et s'affirme comme un prétendant sérieux au déchiffrement. Comme Champollion, Young a compris l'identité du copte et de l'égyptien. Il a identifié sur la pierre de Rosette le nom de 'Ptolémée', le déterminatif qui indique la désinence du féminin ainsi que quelques expressions. Plus important encore, il a le premier reconnu dans l'égyptien la coexistence de signes alphabétiques et non alphabétiques. Enfin, dès 1814, il a noté que certains signes démotiques dérivaient de signes hiéroglyphiques.
Après quelques moments d'abattement, Champollion continue de progresser pas à pas. Il identifie des groupes, en général des épithètes, dont, "dieu parfait" qu'il traduit par référence à la version grecque. Il sait également comment les Égyptiens évoquent l'idée du pluriel: le signe qui désigne le dieu,, a comme pluriel, .
Il se heurte par ailleurs à des obstacles de taille. Tout d'abord, les copies de hiéroglyphes dont il dispose ne sont pas toujours très fiables. Or il opère par comparaison de segments de phrase ce qui le mène souvent au contre-sens: il traduit ainsi l'expression, , "remplissant tous les deux jours les fonctions de Ptérophore du dieu", alors que la séquence véritable, , ne signifie que "(Ramsès) em-per-Rê justifié de voix". Ensuite, Champollion persiste à essayer de démontrer la nature fondamentalement idéographique des hiéroglyphes en essayant d'associer à chaque signe une valeur sémantique ce qui l'amène à des conclusions douteuses: ainsi dans le groupe , qui désigne le nom d'Osiris (Ousir), il voit comme une prière signifiant:(regarde-moi favorablement)(ô puissant)(dieu)!
C'était un homme droit et sincère qui cherchait le chemin du bonheur et de la vérité.
Il alla un jour trouver un vénérable maître soufi dont on lui avait assuré qu'il pourrait
les lui indiquer. Celui-ci l'accueillit aimablement devant sa tente et, après lui avoir servi
le thé à la menthe, lui révéla l'itinéraire tant attendu :
« C'est loin d'ici, certes, mais tu ne peux te tromper, au cœur du village que je t'ai décrit, tu trouveras trois échoppes. Là te sera révélé le secret du bonheur et de la vérité. »
La route fut longue. Le chercheur d'absolu passa maints cols et rivières.
Jusqu'à ce qu'il arrive en vue du village dont son cœur lui dit très fort :
« C'est là le lieu ! Oui, c'est là ! »
Hélas ! Dans chacune des trois boutiques il ne trouva comme marchandises que rouleaux de fils de fer dans l'une, morceaux de bois dans l'autre et pièces éparses de métal dans le troisième. Fatigué et découragé, il sortit du village pour trouver quelque repos dans une clairière voisine.
La nuit venait de tomber. La lune remplissait la clairière d'une douce lumière.
Lorsque tout à coup se fit entendre une mélodie sublime.
De quel instrument provenait-elle donc ?
Il se dressa tout net et avança en direction du musicien.
Lorsque, stupéfait, il découvrit que l'instrument céleste était une cithare faite de morceaux de bois, des pièces de métal et des fils d'acier qu'il venait de voir en vente dans les trois échoppes du village.
Les mystères d'Eleusis, peut-être sous l'influence de l'orphisme, deviendront une religion de salut. Le mystère central, dans chacune de ces deux sectes, était celui de la mort et de la résurrection, symboliséepar la décomposition de la graine dans la terre et sa réapparition sous la forme d'un être vivant qui s'élève vers la lumière. Le même thème sera repris dans l'Évangile (si le grain ne meurt ?). Les rogations, ces prières pour que le grain en mourant devienne fruit, faisaient encore partie du paysage spirituel des campagnes il y a quelques décennies.
Les mystères d'Eleusis comportaient des cérémonies d'initiation complexes qui se déroulaient en deux temps. Les candidats étaient d'abord initiés aux petits mystères qui étaient célébrés au printemps dans le faubourg athénien d'Agra. Ils participaient, six mois plus tard, aux grands mystères durant une dizaine de jours. Ils devenaient mystes après avoir été purifiés puis se rendaient en procession solennelle jusqu'au sanctuaire, en empruntant la Voie sacrée qui reliait Athènes à Éleusis. L'initiation secrète avait lieu à l'intérieur du sanctuaire, dans le Télestérion.
La Grande Déesse Maternelle de la Terre, divinité de la fertilité et déesse des "Mystères d'Eleusis", compte parmi les douze grands dieux olympiens. Fille de Cronos et de Rhéa, elle donnera naissance, par son union avec son frère Zeus, à Perséphone (Proserpine). Déméter (Terre Mère) sera identifiée par les Romains à la déesse italique du blé Cérès après avoir été identifiée, dans des temps très anciens, à la déesse égyptienne Isis, à la déesse phrygienne Cybèle, et à sa propre mère, Rhéa. Déméter préférera vivre sur terre plutôt que sur l'Olympe, notamment à Eleusis, en Attique. Elle fondera les "Mystères d'Eleusis" pour commémorer le retour de sa fille Perséphone célébrés chaque année, à l'automne. La légende de Déméter consacre une large place à la perte de sa fille Perséphone.
Son père Zeus acceptera de donner à Hadès la main de sa fille, encore très jeune, sans consulter Déméter. Le mariage entre oncle et nièce évitait la dispersion des patrimoines familiaux dans la Grèce antique. Perséphone, accompagnée de jeunes Océanides, cueillera des fleurs dans les bois à proximité d'Enna et trouvera un beau narcisse planté par Zeus dans un vallon ombragé. Elle allait s'en emparer lorsque Hadès, surgi sur son char tiré par des coursiers bleus, la capturera et l'emmènera au royaume des Ombres. Elle refusera toute nourriture.
Déméter, partie à sa recherche pendant neuf jours et neuf nuits, sans manger ni boire et munie d'un flambeau, rencontrera Hécate qui vivait dans une grotte. Il avait entendu parler de l'enlèvement. Il conduira Déméter au dieu-soleil Hélios, témoin du rapt, qui estimera malgré tout qu'Hadès, frère de Zeus, était un excellent parti qui possédait un vaste royaume.
Ovide rapporte que la Nymphe Aréthuse auraient vu Perséphone au royaume d'Hadès alors qu'elle se rendait souterrainement de Grèce en Sicile. Déméter frappera la terre de sécheresse et de famine, notamment Sicile qui l'avait trahi. Elle voyagera, ira en Arcadie à la rencontre de son frère qui voudra la violer, et tentera de s'enfuir en prenant la forme d'une jument. Poséidon prendra l'apparence du cheval, son animal sacré, et s'unira à la déesse qui donnera naissance au cheval Aréion et à la déesse Despoina. Pan rapportera à Zeus qu'il avait trouvé Déméter cachée dans une grotte. Ce dernier enverra les Moires la convaincre de la qualité du mariage de sa fille avec Hadès.
A travers la légende osirienne, Isis est devenue l'image la plus familière du panthéon égyptien, soeur et épouse de dieu, c'est elle qui recueillit le corps défunt d'Osiris, après que Seth l'eut privé de vie, c'est elle aussi qui aidée de Nephtys et de Thot, parvint par le vent de ses ailes à rendre le souffle vital au dieu mort. C'est elle enfin qui, après le départ d'Osiris, né à une vie nouvelle mais restreinte à l'au-delà, éleva, à l'abri des marais de Chemmis, dans le Delta, le petit enfant Horus, son fils conçu d'Osiris défunt.
Figure populaire plus que tout autre, Isis, le type de l'épouse fidèle, même au delà de la mort, et de la mère dévouée, avait déjà en elle tous les traits nécessaires pour gagner la faveur des fidèles. Sa puissance magique, vite spécialisée dans la protection des enfants, ne pouvait qu'accroître le nombre de ceux qui recouraient à elle: les papyrus racontent comment Isis parvint, par ruse à surprendre un jour le nom secret du dieu suprême, ce qui lui conférait sur l'univers une puissance illimitée.
Aussi étrange que cela puisse paraître, nous ignorons à peu près tout de ses origines. A la Basse Époque, nous la trouvons adorée en de multiples points d'Égypte, depuis l'Iséum du Delta, jusqu'à Coptos et dans l'île de Philae, où se dressa le plus célèbre et le plus durable de ses sanctuaires. Mais nous ne pouvons dire exactement quelle ville lui donna naissance. Son nom signifie apparemment « siège ». Sous les Ptolémée et les Romains, la faveur d'Isis s'étendit au delà des frontières de l'Égypte: elle eut ses temples, ses prêtres, ses fêtes et ses mystères dans tout le monde romain où elle devint l'image de la déesse universelle: « Je suis la mère de la nature entière, maîtresse de tous les éléments, origine et principe des siècles, divinité suprême, reine des mânes, première entre les habitants du ciel, type unique des dieux et des déesses. Les sommets lumineux du ciel, les souffles salutaires de la mer, les silences désolés des enfers, c'est moi qui gouverne tout au gré de ma volonté. »
« Puissance unique, le monde entier me révère sous des formes nombreuses, par des rites divers, sous des noms multiples... Les uns m'appellent Junon, les autres Bellone, ceux-ci Hécate, ceux-là Rhamnusie. Mais les peuples des deux Ethiopie et les Égyptiens, puissants par leur antique savoir, m'honorent du culte qui m'est propre, et m'appellent de mon vrai nom: la reine Isis. »
Coiffé de la mitre blanche, couronne de Haute-Egypte, flanquée de deux plumes,Osiris apparait pour la première fois à Busiris, cité du Delta, où il remplace le dieu-pasteur Andjty.
Il pourrait être, aux époques prédynastiques, un souverrain unificateur de l'Egypte. Déifié, il est présenté dans les Textes des pyramides comme partie intégrante de l'ennéade héliopolitaine.
Il épouse sa soeur Isis pour régner sur l'Egypte et lui apporter la civilisation. Ce qui manque pas de rendre jaloux Seth, qui règne sur le désert. Ce dernier lui tente un piège en prométant d'offrir à qui y entrerait un splendide sarcophage. Lorsque Osiris s'y installe, Seth referme le couvercle et le plonge dans le Nil.
Le coffre dérive alors jusqu'à Byblos en Phénicie où Isis le récupère. Par magie, elle parvient à réveiller la puissance virile d'Osiris pour concevoir Horus. Mais Seth s'empare du cadavre et le découpe en 14 morceaux qu'il éparpille dans toute l'Egypte. Isis et Nephthys partent en quête des morceaux et les réunissent tous à l'exeption du phallus dévoré par le poisson Oxyrhinque, incarnation de Seth.
Anubis les entoure de bandelettes de lin dans l'attente de sa résurrection.
Souverain du royaume de la mort, Osiris symbolise la continuité du pouvoir pharaonique dans l'au-delà.
Osiris est le nom grec d'un dieu de la mythologie égyptienne qui fait partie de la grande Ennéade d'Iunu (Heliopolis). C'est le dieu des morts et le garant de la survie humaine dans le monde souterrain.
Son nom égyptien est Ouser, Weser ou Ausar, mais on l'appelle aussi Ounnofri (l'être bon). Dieu des morts, fils de Geb et de Nout, époux d'Aset (Isis). Personnification du renouveau végétal, il enseigne aux hommes les rudiments de l'agriculture et de la pêche. Dérive certainement du dieu Andjky, le « protecteur des morts », divinité primitive du Busiris à qui il emprunte les attributs Heka (la crosse) et Nekhekh (le flagellum), symboles du pasteur et du protecteur du peuple que porte aussi Pharaon.
Assassiné par Seth, son frère jaloux, et dépecé, ses membres furent dispersés dans toute l'Égypte. Isis, son épouse, retrouva treize des quatorze parties du corps de son bien-aimé. Reconstitué par les rites de l'embaumement, il devient la première momie, Ounen-Néfer (l'éternellement beau) car protégé de la putréfaction.
Ramené temporairement à la vie par Isis qui lui insufla la vie, il lui donna un fils, Hor (Horus) qui vengea son père et reprit le trône d'Égypte. Osiris devint le maître du royaume des morts qu'il transforma en champs fertiles : les champs d'Ialou. Depuis, il préside le tribunal divin.
Représenté par un homme dans un linceul tenant les insignes de la royauté ou comme un pilier Djed, symbole de stabilité. Le roi incorpore son corps, devenant lui-même Osiris. Dans les époques tardives, Osiris ne garde que son caractère chtonien, mais il sera absorbé par le demi-grec Sarapis.
Osiris est le dieu qui représente le renouveau, celui qui ne meurt jamais. Il est une personnification de la terre du Delta fertile et des champs cultivables, il maintient l'équilibre du monde et invite à respecter la loi des cycles.
Il fut le quatrième des six rois-dieux mais est celui qui a le règne le plus glorieux. Osiris est le principe de vie et de mort, et la ville d'Abdjw (Abtu, Abydos) était une porte reliant le monde souterrain au monde des Vivants. « Juge suprême des âmes », il offrait à celle des défunts la vie éternelle ou la réduisait à néant.