samedi 18 avril 2009

Un Conte.

La Cithare du Bonheur



C'était un homme droit et sincère qui cherchait le chemin du bonheur et de la vérité.

Il alla un jour trouver un vénérable maître soufi dont on lui avait assuré qu'il pourrait
les lui indiquer. Celui-ci l'accueillit aimablement devant sa tente et, après lui avoir servi
le thé à la menthe, lui révéla l'itinéraire tant attendu :

« C'est loin d'ici, certes, mais tu ne peux te tromper, au cœur du village que je t'ai décrit, tu trouveras trois échoppes. Là te sera révélé le secret du bonheur et de la vérité. »

La route fut longue. Le chercheur d'absolu passa maints cols et rivières.
Jusqu'à ce qu'il arrive en vue du village dont son cœur lui dit très fort :
« C'est là le lieu ! Oui, c'est là ! »

Hélas ! Dans chacune des trois boutiques il ne trouva comme marchandises que rouleaux de fils de fer dans l'une, morceaux de bois dans l'autre et pièces éparses de métal dans le troisième. Fatigué et découragé, il sortit du village pour trouver quelque repos dans une clairière voisine.

La nuit venait de tomber. La lune remplissait la clairière d'une douce lumière.
Lorsque tout à coup se fit entendre une mélodie sublime.
De quel instrument provenait-elle donc ?
Il se dressa tout net et avança en direction du musicien.
Lorsque, stupéfait, il découvrit que l'instrument céleste était une cithare faite de morceaux de bois, des pièces de métal et des fils d'acier qu'il venait de voir en vente dans les trois échoppes du village.


A cet instant, il connut l'éveil.

Il comprit que le bonheur est fait de la synthèse

de tout ce qui nous est déjà donné,

et que notre tâche est d'assembler

tous ces éléments dans l'harmonie.

samedi 11 avril 2009

Les Mystères d'Eleusis.


Les mystères d'Eleusis, peut-être sous l'influence de l'orphisme, deviendront une religion de salut. Le mystère central, dans chacune de ces deux sectes, était celui de la mort et de la résurrection, symbolisée par la décomposition de la graine dans la terre et sa réapparition sous la forme d'un être vivant qui s'élève vers la lumière. Le même thème sera repris dans l'Évangile (si le grain ne meurt ?). Les rogations, ces prières pour que le grain en mourant devienne fruit, faisaient encore partie du paysage spirituel des campagnes il y a quelques décennies.

Les mystères d'Eleusis comportaient des cérémonies d'initiation complexes qui se déroulaient en deux temps. Les candidats étaient d'abord initiés aux petits mystères qui étaient célébrés au printemps dans le faubourg athénien d'Agra. Ils participaient, six mois plus tard, aux grands mystères durant une dizaine de jours. Ils devenaient mystes après avoir été purifiés puis se rendaient en procession solennelle jusqu'au sanctuaire, en empruntant la Voie sacrée qui reliait Athènes à Éleusis. L'initiation secrète avait lieu à l'intérieur du sanctuaire, dans le Télestérion.

La Grande Déesse Maternelle de la Terre, divinité de la fertilité et déesse des "Mystères d'Eleusis", compte parmi les douze grands dieux olympiens. Fille de Cronos et de Rhéa, elle donnera naissance, par son union avec son frère Zeus, à Perséphone (Proserpine). Déméter (Terre Mère) sera identifiée par les Romains à la déesse italique du blé Cérès après avoir été identifiée, dans des temps très anciens, à la déesse égyptienne Isis, à la déesse phrygienne Cybèle, et à sa propre mère, Rhéa. Déméter préférera vivre sur terre plutôt que sur l'Olympe, notamment à Eleusis, en Attique. Elle fondera les "Mystères d'Eleusis" pour commémorer le retour de sa fille Perséphone célébrés chaque année, à l'automne. La légende de Déméter consacre une large place à la perte de sa fille Perséphone.

Son père Zeus acceptera de donner à Hadès la main de sa fille, encore très jeune, sans consulter Déméter. Le mariage entre oncle et nièce évitait la dispersion des patrimoines familiaux dans la Grèce antique. Perséphone, accompagnée de jeunes Océanides, cueillera des fleurs dans les bois à proximité d'Enna et trouvera un beau narcisse planté par Zeus dans un vallon ombragé. Elle allait s'en emparer lorsque Hadès, surgi sur son char tiré par des coursiers bleus, la capturera et l'emmènera au royaume des Ombres. Elle refusera toute nourriture.

Déméter, partie à sa recherche pendant neuf jours et neuf nuits, sans manger ni boire et munie d'un flambeau, rencontrera Hécate qui vivait dans une grotte. Il avait entendu parler de l'enlèvement. Il conduira Déméter au dieu-soleil Hélios, témoin du rapt, qui estimera malgré tout qu'Hadès, frère de Zeus, était un excellent parti qui possédait un vaste royaume.

Ovide rapporte que la Nymphe Aréthuse auraient vu Perséphone au royaume d'Hadès alors qu'elle se rendait souterrainement de Grèce en Sicile. Déméter frappera la terre de sécheresse et de famine, notamment Sicile qui l'avait trahi. Elle voyagera, ira en Arcadie à la rencontre de son frère qui voudra la violer, et tentera de s'enfuir en prenant la forme d'une jument. Poséidon prendra l'apparence du cheval, son animal sacré, et s'unira à la déesse qui donnera naissance au cheval Aréion et à la déesse Despoina. Pan rapportera à Zeus qu'il avait trouvé Déméter cachée dans une grotte. Ce dernier enverra les Moires la convaincre de la qualité du mariage de sa fille avec Hadès.

samedi 4 avril 2009

Isis.

A travers la légende osirienne, Isis est devenue l'image la plus familière du panthéon égyptien, soeur et épouse de dieu, c'est elle qui recueillit le corps défunt d'Osiris, après que Seth l'eut privé de vie, c'est elle aussi qui aidée de Nephtys et de Thot, parvint par le vent de ses ailes à rendre le souffle vital au dieu mort. C'est elle enfin qui, après le départ d'Osiris, né à une vie nouvelle mais restreinte à l'au-delà, éleva, à l'abri des marais de Chemmis, dans le Delta, le petit enfant Horus, son fils conçu d'Osiris défunt.

Figure populaire plus que tout autre, Isis, le type de l'épouse fidèle, même au delà de la mort, et de la mère dévouée, avait déjà en elle tous les traits nécessaires pour gagner la faveur des fidèles. Sa puissance magique, vite spécialisée dans la protection des enfants, ne pouvait qu'accroître le nombre de ceux qui recouraient à elle: les papyrus racontent comment Isis parvint, par ruse à surprendre un jour le nom secret du dieu suprême, ce qui lui conférait sur l'univers une puissance illimitée.

Aussi étrange que cela puisse paraître, nous ignorons à peu près tout de ses origines. A la Basse Époque, nous la trouvons adorée en de multiples points d'Égypte, depuis l'Iséum du Delta, jusqu'à Coptos et dans l'île de Philae, où se dressa le plus célèbre et le plus durable de ses sanctuaires. Mais nous ne pouvons dire exactement quelle ville lui donna naissance. Son nom signifie apparemment « siège ». Sous les Ptolémée et les Romains, la faveur d'Isis s'étendit au delà des frontières de l'Égypte: elle eut ses temples, ses prêtres, ses fêtes et ses mystères dans tout le monde romain où elle devint l'image de la déesse universelle: « Je suis la mère de la nature entière, maîtresse de tous les éléments, origine et principe des siècles, divinité suprême, reine des mânes, première entre les habitants du ciel, type unique des dieux et des déesses. Les sommets lumineux du ciel, les souffles salutaires de la mer, les silences désolés des enfers, c'est moi qui gouverne tout au gré de ma volonté. »

« Puissance unique, le monde entier me révère sous des formes nombreuses, par des rites divers, sous des noms multiples... Les uns m'appellent Junon, les autres Bellone, ceux-ci Hécate, ceux-là Rhamnusie. Mais les peuples des deux Ethiopie et les Égyptiens, puissants par leur antique savoir, m'honorent du culte qui m'est propre, et m'appellent de mon vrai nom: la reine Isis. »

jeudi 2 avril 2009

Osiris.

Coiffé de la mitre blanche, couronne de Haute-Egypte, flanquée de deux plumes,Osiris apparait pour la première fois à Busiris, cité du Delta, où il remplace le dieu-pasteur Andjty.

Il pourrait être, aux époques prédynastiques, un souverrain unificateur de l'Egypte. Déifié, il est présenté dans les Textes des pyramides comme partie intégrante de l'ennéade héliopolitaine.

Il épouse sa soeur Isis pour régner sur l'Egypte et lui apporter la civilisation. Ce qui manque pas de rendre jaloux Seth, qui règne sur le désert. Ce dernier lui tente un piège en prométant d'offrir à qui y entrerait un splendide sarcophage. Lorsque Osiris s'y installe, Seth referme le couvercle et le plonge dans le Nil.

Le coffre dérive alors jusqu'à Byblos en Phénicie où Isis le récupère. Par magie, elle parvient à réveiller la puissance virile d'Osiris pour concevoir Horus. Mais Seth s'empare du cadavre et le découpe en 14 morceaux qu'il éparpille dans toute l'Egypte. Isis et Nephthys partent en quête des morceaux et les réunissent tous à l'exeption du phallus dévoré par le poisson Oxyrhinque, incarnation de Seth.

Anubis les entoure de bandelettes de lin dans l'attente de sa résurrection.

Souverain du royaume de la mort, Osiris symbolise la continuité du pouvoir pharaonique dans l'au-delà.

Osiris est le nom grec d'un dieu de la mythologie égyptienne qui fait partie de la grande Ennéade d'Iunu (Heliopolis). C'est le dieu des morts et le garant de la survie humaine dans le monde souterrain.

Son nom égyptien est Ouser, Weser ou Ausar, mais on l'appelle aussi Ounnofri (l'être bon). Dieu des morts, fils de Geb et de Nout, époux d'Aset (Isis). Personnification du renouveau végétal, il enseigne aux hommes les rudiments de l'agriculture et de la pêche. Dérive certainement du dieu Andjky, le « protecteur des morts », divinité primitive du Busiris à qui il emprunte les attributs Heka (la crosse) et Nekhekh (le flagellum), symboles du pasteur et du protecteur du peuple que porte aussi Pharaon.

Assassiné par Seth, son frère jaloux, et dépecé, ses membres furent dispersés dans toute l'Égypte. Isis, son épouse, retrouva treize des quatorze parties du corps de son bien-aimé. Reconstitué par les rites de l'embaumement, il devient la première momie, Ounen-Néfer (l'éternellement beau) car protégé de la putréfaction.

Ramené temporairement à la vie par Isis qui lui insufla la vie, il lui donna un fils, Hor (Horus) qui vengea son père et reprit le trône d'Égypte. Osiris devint le maître du royaume des morts qu'il transforma en champs fertiles : les champs d'Ialou. Depuis, il préside le tribunal divin.

Représenté par un homme dans un linceul tenant les insignes de la royauté ou comme un pilier Djed, symbole de stabilité. Le roi incorpore son corps, devenant lui-même Osiris. Dans les époques tardives, Osiris ne garde que son caractère chtonien, mais il sera absorbé par le demi-grec Sarapis.

Osiris est le dieu qui représente le renouveau, celui qui ne meurt jamais. Il est une personnification de la terre du Delta fertile et des champs cultivables, il maintient l'équilibre du monde et invite à respecter la loi des cycles.

Il fut le quatrième des six rois-dieux mais est celui qui a le règne le plus glorieux. Osiris est le principe de vie et de mort, et la ville d'Abdjw (Abtu, Abydos) était une porte reliant le monde souterrain au monde des Vivants. « Juge suprême des âmes », il offrait à celle des défunts la vie éternelle ou la réduisait à néant.

samedi 28 mars 2009

L'Oeuil d'Horus.

oeil

L’œil d’Horus se dit oudjat en égyptien ce qui veut dire "complet". Il représente un œil humain fardé et souligné de deux marques colorées caractéristiques du faucon pèlerin. Les Égyptiens l’utilisaient pour indiquer les fractions du hékat, unité de mesure de capacité qui servait pour les céréales, les agrumes et les liquides (un hékat valait environ 4,785 litres). C’est dans la légende des dieux Osiris et Horus qu’il faut chercher l’origine vraisemblable de cette curieuse notation.

Osiris, premier souverain de la terre d’Égypte, avec l’aide de Thot, maître suprême de l’arithmétique, de la parole et des scribes, initie les Égyptiens à l’écriture, à la science et à la magie. À l’opposé, son frère Seth, incarnation du mal, est jaloux et hait Osiris en raison de l’affection que tous lui portent. Seth tue Osiris puis s’en prend à son fils posthume Horus. Au cours d’un combat, Seth arrache l’œil gauche d’Horus, le coupe en six morceaux et le jette dans le Nil. À l’aide d’un filet, Thot récupère les morceaux mais il en manque un ! Thot le rajoute et rend à Horus son intégrité vitale. La somme des fractions de l’oudjat ne fait que 63/64 ; le 1/64 manquant est le liant magique ajouté par Thot pour permettre à l’œil de fonctionner.

Ainsi l’oudjat devint-il par la suite pour les Égyptiens, symbole de lumière et de connaissance (œil du faucon qui voit tout), d’intégralité physique, d’abondance et de fertilité. Et afin de commémorer à tout jamais la lutte du Bien contre le Mal, ainsi que pour garantir la voyance totale, la fécondité universelle et de bonnes récoltes, les scribes comptables employèrent l’oudjat. Un élève-scribe fit un jour remarquer à son maître que le total des fractions de l’oudjat ne donnait pas 1 ; il lui fut répondu que le 1/64 manquant pour parfaire l’unité serait toujours fourni par Thot au calculateur qui se placerait ainsi sous sa protection...

vendredi 13 mars 2009

La Déesse MAAT.

La Déesse MAAT.

Dans la mythologie égyptienne, Maât est la déesse de l’ordre, de l’équilibre du monde, de l’équité, de la paix et de la justice. Elle est le contraire de l’isfet (chaos, injustice, désordre social, ...).

Maât est une entité symbolisant la norme universelle : l’équilibre établi par le Créateur, la justice qui permet d’agir selon le droit, l’ordre qui fait conformer les actes de chacun aux lois, la vérité, la droiture et la confiance.

Maât est toujours anthromorphe, comme la plupart des concepts abstraits personnifiés : c’est une femme, en général assise sur ses talons, ou debout. Elle est la plupart du temps vêtue de la longue robe collante des déesses et porte leurs bijoux habituels. Maât confére aux autres dieux certaines de ses qualités, mais ne leur prête pas son aspect et ne prend pas non plus l’apparence d’autres divinités. Son attribut est la plume-nom (la même est portée par Shou). Elle tient souvent le signe de vie. L’élément de Maât est l’Air et la couleur de sa peau est ocre jaune.

Au-delà de cette première approche, le concept est un peu plus complexe. Maât est d’abord de dimension divine : fille de Rê (dieu solaire et créateur) et compagne de Thot (dieu érudit ayant enseigné les hiéroglyphes aux hommes), elle est aussi la sœur mystique de pharaon, elle assure l’équilibre cosmique et c’est donc grâce à elle que le monde fonctionne de façon harmonieuse.

De ce fait, elle est fondamentalement liée à l’institution pharaonique, le premier devoir de pharaon étant de faire respecter la loi de Maât dans toute l’Égypte. C’est pourquoi, sur les murs des temples, pharaon est représenté faisant l’offrande de Maât à une divinité : c’est dire que, dans ses actes, il se conforme aux exigences de la déesse. Ainsi, lorsque Séthi Ier, dans le temple d’Abidos, offre Maât aux dieux principaux, sous forme d’une statuette de la déesse, il leur démontre sa compétence ; en retour, les dieux lui procurent vie et domination (Osiris) et force victorieuse (Horus).

Il faut être conscient de ce que la mission profonde de pharaon relève de Maât : « in maât » (amener Maât, organiser le pays et assurer son unité), « der isfet » (repousser Isfet, notamment repousser les ennemis) ; la célèbre palette de Nârmer transcrit cette double mission. On peut évoquer aussi l’hymne solaire du Moyen Empire :

« Ré a intallé le roi sur la terre des vivants à jamais et à toute éternité de sorte qu’il juge les hommes et anéantisse Isfet »

Précisément, et c’est sa seconde dimension, terrestre celle-là, Maât est aussi l’expression sociale et juridique de l’ordre établi et le symbole de la justice et de l’équité. Dans les faits, c’est le rôle du Vizir, qui porte le titre de « Prophète de Maât », que de rendre la justice au nom de la déesse et donc de pharaon qui l’incarne :

« Pratique la justice et tu dureras sur terre.
Apaise celui qui pleure ; n’opprime pas la veuve ;
Ne chasse point un homme de la propriété de son père ;
Ne porte point atteinte aux grands dans leur possession ;
Garde-toi de punir injustement2. »

Dans la pesée de l’âme, Maât, aussi légère qu’une plume, est le contrepoids du cœur qui doit être aussi léger qu’elle pour que le Ka, l’âme du défunt, puisse accéder au monde des bienheureux. Elle est représentée par une femme coiffée de la plume d’autruche ou simplement par cette plume elle-même.

vendredi 6 mars 2009

Le Grand Manuel.

lundi 2 mars 2009

Râ.

Epoux de Mut,
Père de Shu et Tefnut.

Dieu du soleil, son nom est censé signifier "la puissance créatrice".
Très tôt dans l'histoire égyptienne, Ra était identifié avec Horus, soit comme un aigle ou un faucon d'or représentant la hauteur du ciel.
Ra est représenté comme un homme à tête d'aigle ou comme un aigle.

Dû au fait que le soleil est le feu, les égyptiens réalisèrent que pour pouvoir voyager dans les eaux du ciel et dans le monde souterrain, cela nécessitait un bateau.
Pendant le jour, ce bateau est une grande galère appelée Madjet (devient dure), et pendant la nuit, une petite barge appelée Semektet (devient fragile).

Durant l'Egypte dynastique, le culte central de Ra était Annu (de nos jours la ville du Caire). Plus tard, Osiris et Isis supplantèrent Ra en popularité, mais il resta Ra netjer-aa neb-pet (Ra, le grand dieu, maître des cieux), plus tard, il forma avec Amon le maître de l'univers Amon-Ra.

Dieu égyptien du Soleil, représenté sous la forme d'un homme, parfois à tête de faucon, coiffé du disque solaire. Il était vénéré partout en Égypte, mais particulièrement à Héliopolis, ville située au nord-est du Caire et berceau théorique de la royauté. Le jour, le Soleil navigue dans une barque à voile, la nuit dans une barque tirée par des animaux. Plusieurs noms désignent le soleil dans l'Égypte ancienne, et chacun devient un des aspects de Rê : Khêpri est le soleil levant (enfant), Rê le soleil de midi, Atoum le soleil qui décline (vieillard). Le développement de la théologie héliopolitainne enrichit le symbolisme du soleil : le scarabée (kheprer) devient le symbole de Khêpri, et le soleil (source de toute création sous la forme Atoum), un symbole de résurrection ou de vie posthume. Rê, lui, est le dieu du principal personnage du pays, le pharaon, qui, seul, a le privilège de monter dans sa barque. Le symbolisme royal se développe dès l'Ancien Empire, au IIIe millénaire avant J.-C., époque à laquelle le pharaon affirme être le descendant de Rê. Comme la boule de bouse traînée par le scarabée, les cornes du bélier Amon ont sans doute été vues comme un symbole du soleil : le dieu principal de l'Égypte devient Amon-Rê. Cependant, la violente réforme religieuse d'Akhenaton y substituera le culte du dieu Aton. Dieu exclusivement royal, Rê se voit concurrencé par le culte plus populaire d'Osiris, possible sauveur des simples mortels, jusqu'à ce que les théologiens fassent des deux dieux les deux aspects d'une même réalité, l'une terrestre et corporelle, l'autre céleste et spirituelle : c'est la raison pour laquelle, après avoir rencontré Rê dans l'au-delà ceux qui se sont bien comportés reçoivent la force nécessaire pour y vivre.

Cosmogonie d'Héliopolis.

Appelé On, en égyptien. Héliopolis a gardé son nom grec de ville du soleil. C'est la cité de Rê, le dieu soleil, qui fut avant Osiris, le dieu de l'au delà royal, le Grand juge. Rê parcourt le ciel avec "sa barque du jour" et navigue le nuit dans le "ciel inférieur". Le matin, on l'appelle Khépri, le scarabée figurant le soleil levant; le soir, il est Atum, le soleil couchant, représenté comme un vieillard. Rê créa les hommes, de ses larmes, et régna sur terre sur les dieux et les hommes. Mais les hommes se révoltèrent et il envoya Sekhmet (ou Hathor)("l'œil de Rê") pour les châtier. Finalement Rê dut enivrer Sekhmet (ou Hathor) qui menaçait de tous les anéantir complètement.
Dans la théogonie d'Héliopolis Rê-Atum-Khepri émerge de l'océan primordial, Noum. Il engendre en se masturbant ou selon d'autre textes en recrachant de ses bronches, le premier couple divin, Shou l'air et Tefnout, l'humidité. Shou et Tefnout s'unissent pour engendrer le dieu Geb, la terre et la déesse Nout, le ciel, representée comme une vache ou comme une femme allongée au-dessus de la terre qu'elle touche seulement des pieds et des mains. Geb et Nout étaient unis en un "mariage sacré" permanent jusqu'au jour ou Shou, dieu de l'air, les sépara. De leur union naquirent Osiris et Isis, Seth et Nephtys.